âLa dette publique « Ă©touffe » les pays africains et entrave leur rĂ©ponse au VIH/ sida
Published on 08/07/2025 at 18:00 | prnewswire.co.ukNEW YORK, 19 September 2024 / PRN / -- Les niveaux dâendettement Ă©levĂ©s rĂ©duisent considĂ©rablement les investissements publics dans les services de santĂ© et la lutte contre le VIH en Afrique subsaharienne, qui sont en situation de « sous-financement chronique », a averti jeudi dans un nouveau rapport de lâONUSIDA, relevant que la crise de la dette met en pĂ©ril les progrĂšs dĂ©jĂ accomplis dans la lutte contre le sida.
Selon cette agence des Nations Unies, la hausse de la dette publique « Ă©touffe » les pays africains et leur laisse « peu de marge de manĆuvre budgĂ©taire » pour financer les services de santĂ© et de lutte contre le VIH.
Le rapport, publiĂ© Ă l'approche de la 79e session de lâAssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale des Nations Unies Ă New York, montre que la combinaison des paiements croissants de la dette publique et des rĂ©ductions de dĂ©penses prĂ©vues dans les accords du Fonds monĂ©taire international (FMI) au cours des trois Ă cinq prochaines annĂ©es laissera les pays dangereusement dĂ©pourvus de ressources pour financer leurs ripostes au VIH si rien nâest fait.
« Lorsque les pays ne peuvent pas rĂ©pondre efficacement aux besoins de santĂ© de leur population en raison du remboursement de leur dette, la sĂ©curitĂ© sanitaire mondiale est mise en pĂ©ril », a dĂ©clarĂ© dans un communiquĂ©, Winnie Byanyima, Directrice exĂ©cutive de lâONUSIDA.
Le service de la dette dépasse désormais 50 % des recettes de plusieurs pays
Le service de la dette dĂ©passe dĂ©sormais 50 % des recettes publiques en Angola, au Kenya, au Malawi, au Rwanda, en Ouganda et en Zambie. MĂȘme aprĂšs les mesures dâallĂšgement de la dette, un pays comme la Zambie consacrera encore les deux tiers de son budget au service de la dette entre 2024 et 2026.
Dans ces conditions, les dĂ©penses consacrĂ©es Ă la lutte contre le VIH ont diminuĂ© depuis 2017 en Afrique de lâOuest et du Centre, passant de 0,3 % du PIB en 2017 Ă seulement 0,12 % en 2022.
La publication de ce document intervient alors que lâAfrique subsaharienne compte le plus grand nombre de personnes vivant avec le VIH, avec plus de 25,9 millions de personnes sur les 39,9 millions vivant avec le VIH dans le monde. Le succĂšs de la rĂ©gion, qui a rĂ©duit les nouvelles infections par le VIH de 56 % depuis 2010, « ne sera pas maintenu si la marge de manĆuvre budgĂ©taire est limitĂ©e ».
« La dette publique doit ĂȘtre rĂ©duite de toute urgence et la mobilisation des ressources nationales doit ĂȘtre renforcĂ©e afin de disposer de la marge de manĆuvre budgĂ©taire nĂ©cessaire pour financer pleinement la riposte mondiale au VIH et mettre fin au sida », a insistĂ© Mme Byanyima.
DĂ©ficit de financement de plus de 30 % pour lâAfrique de lâOuest et lâAfrique centrale
LâAfrique de lâOuest et du Centre devra ainsi mobiliser 4,18 milliards de dollars pour financer entiĂšrement la riposte au VIH en 2024. Ce montant atteindra 7,9 milliards de dollars dâici Ă 2030 si les efforts ne sont pas intensifiĂ©s dĂšs aujourdâhui pour mettre un terme aux nouvelles infections par le VIH.
Alors que 20,8 milliards de dollars Ă©taient disponibles pour la riposte au VIH en 2022 dans les pays Ă revenu faible et intermĂ©diaire grĂące Ă des sources nationales et internationales, ces fonds nâĂ©taient pas suffisants pour financer la riposte au VIH de maniĂšre adĂ©quate. LâAfrique de lâOuest et lâAfrique centrale, par exemple, prĂ©sentaient un dĂ©ficit de financement de 32 % en 2022.
Rien quâen 2024, lâAfrique de lâEst et lâAfrique australe devront mobiliser prĂšs de 12 milliards de dollars pour financer entiĂšrement la riposte au VIH. Ce montant atteindra environ 17 milliards de dollars dâici Ă 2030 si les nouvelles infections par le VIH ne sont pas rĂ©duites.
Le fardeau de la dette risque de faire dérailler les progrÚs dans la lutte contre le VIH
Pour permettre une plus grande mobilisation des ressources nationales afin que les pays puissent rĂ©pondre efficacement Ă leurs pandĂ©mies, les pays dâAfrique subsaharienne devront renforcer leurs systĂšmes fiscaux, notamment en supprimant les exonĂ©rations fiscales qui coĂ»tent actuellement aux pays une perte de revenus de 2,6 % du PIB en moyenne dans lâensemble de la rĂ©gion.
Les donateurs doivent Ă©galement accroĂźtre leur aide financiĂšre Ă la santĂ© et Ă la lutte contre le VIH dâici Ă 2030, tandis que les crĂ©anciers devraient proposer un allĂšgement de la dette aux pays lourdement endettĂ©s pour allĂ©ger le fardeau.
« Les dirigeants du monde ne peuvent pas laisser une pĂ©nurie de ressources faire dĂ©railler les progrĂšs mondiaux visant Ă mettre fin au sida en tant que menace pour la santĂ© publique dâici Ă 2030 », a fait valoir Mme Byanyima.
SOURCE Centre d'actualités de l'ONU
